En 2016, mon corps a commencé à s’effacer.
Jour après jour, je perdais du poids, jusqu’à ne plus peser que trente-huit kilos.
La faim avait disparu, remplacée par la douleur, les nausées, et le rejet.
Je ne mangeais plus.
Et tout ce que j’essayais d’avaler revenait aussitôt.
Même l’odeur de la nourriture suffisait à me faire vomir.
Les médecins ont cherché. Longtemps.
Tous les examens étaient normaux, parfaits même, mais moi, je m’éteignais.
Deux hospitalisations.
Puis une troisième porte fermée : ils ne savaient plus d’où venait la souffrance.
Alors, quelqu’un de ma famille a osé une autre voie.
Je n’avais plus rien à perdre.
Les médicaments ne restaient pas en moi, mais la nature, elle, attendait peut-être encore.
On m’a proposé l’huile de nigelle.
J’ai demandé l’avis de mon naturopathe.
Il a confirmé : c’était une belle idée.
Les deux premiers jours, rien.
Puis, le troisième matin, quelque chose a changé.
Une odeur.
Presque rien.
Une simple soupe au poulet.
Et pour la première fois depuis longtemps, elle ne m’a pas fait fuir.
Elle m’a appelée.
C’était minuscule, fragile, mais c’était là.
Un désir.
Un espoir.
J’ai demandé une cuillère de bouillon.
Une seule.
Je l’ai avalée.
Je ne l’ai pas rejetée.
Mon corps l’a gardée.
Le soir, une cuillère encore.
Puis une autre le lendemain.
Chaque jour, un pas de plus.
Sans vomir.
Grâce à la nigelle.
Peu à peu, la peur est restée, mais l’intuition était plus forte.
Une voix intérieure me disait : continue, tout ira bien.
Deux semaines plus tard, je mangeais un bol entier, avec la viande et les légumes.
Je revenais à la vie.
C’est là que tout a commencé.
Ma rencontre avec les plantes médicinales.
Ma guérison m’a donné un élan.
J’ai voulu apprendre.
Me former.
Comprendre.
Puis sont venus les massages, l’ouverture de mon cabinet, les cueillettes de plantes, les formations, l’engagement.
Aujourd’hui, je marche avec la nature comme on marche avec une alliée.
Parce qu’un jour, quand la médecine n’avait plus de réponses, une plante m’a tendu la main et m’a appris qu’en moi aussi, la guérison savait encore pousser.